Coco (qui joue à un jeu vidéo) : Ah, salope....
Quartz (n'ayant jamais entendu ce mot dans la bouche de ses enfants) : Qu'est-ce que tu as dit?
Coco : J'ai dit "ah, ça l'a pas marché". Qu'est-ce que tu pensais que j'avais dit?
Coco (qui joue à un jeu vidéo) : Ah, salope....
Quartz (n'ayant jamais entendu ce mot dans la bouche de ses enfants) : Qu'est-ce que tu as dit?
Coco : J'ai dit "ah, ça l'a pas marché". Qu'est-ce que tu pensais que j'avais dit?
Ce soir, j'ai donné mon premier mini-cours de piano aux gars, pis j'ai un feeling full-circle de fierté assez intense.
Fallait que j'en parle.
Coco (qui vient de se pitcher au sol directement sur le dos pour faire une culbute) : Ouh, je vais me déstructurer la droite numérique!
Quartz : Tu veux dire ta colonne vertébrale?
Coco : Euh, oui, c'est ça!
Au cégep, mon premier cours d'édu a été volley-ball. J'avais choisi ça par élimination parce que je suis donc ben pas une fille de sports d'équipe. Faque le volley-ball, c'était le moins pire des choix offerts. Pis j'étais pas super bonne au volley-ball (donnez-moi une chance, je fais 5 pied câline), mais j'étais pas terrible non plus. Sauf qu'au cégep, quand tu n'es pas moi, tu choisis comme cours d'édu le sport de ta vie. Je me souviens encore qu'au premier cours, le prof avait fait sortir des rangs les personnes qui n'avaient jamais fait de volley-ball à titre quasi-professionnel. (J'exagère, mais vous voyez l'idée.) Nous étions quatre, et le prof nous avait séparé dans chacun des quatre équipes formées dans le groupe.
J'avais choisi l'un des quatre capitaines désignés en fonction de son apparence physique agréable (ben quoi, c'est un critère comme un autre), et ça avait été une erreur, parce que ce gars-là était là pour nous mener vers la victoire avant d'entamer sa carrière internationale. (Encore là, c'est ma théorie personnelle, mais comme il nous faisait faire un réchauffement de feu - admirez le jeu de mot - en courant autour du gymnase alors que les autres équipes s'étiraient comme des personnes normales dans un espace restreint, je trouve qu'elle a du sens.) Il était sûrement capable d'être sympathique, mais quand il s'est rendu compte que son équipe n'avait pas le calibre olympique qu'il avait espéré, il s'est surtout avéré être un osti d'air de boeuf. Après deux-trois parties passées dans un silence quasi-absolu, lourd de l'insatisfaction de notre capitaine, je me suis fâchée. Pis sans vraiment savoir tout à fait pourquoi, j'ai décidé de faire la cheerleader. De ne pas laisser le caractère de marde de mon capitaine gâcher mes cours d'édu et de ne pas faire semblant que j'étais là à prétendre que j'avais du talent au volley-ball. Pis j'ai fait la cheerleader FORT. Mais fort, là. J'ai passé tous les cours, tous les cours de septembre à décembre, à hurler des encouragements démesurés à mon équipe qui perdait sans vergogne, sans tenir compte du fait que les trois autres équipes devaient me trouver complètement folle. "C'est pas grave, moi je le sais qu'on est bons!" "Go go go, on est capables!" "Bon service, on lâche pas!" Le plus drôle là-dedans, c'est que personne ne m'a dit de me calmer le pompon. Même pas mon capitaine qui haïssait sa vie. Pas mes coéquipiers, même pas les autres équipes qui devaient être à boutte de m'entendre. Même que, à la fin du premier cours où je me suis démenée comme ça, le prof, dans son speech à tous à la fin du cours, nous a invité à nous encourager davantage entre nous. Si c'est pas du enabling ça, je sais pas ce que c'est.
Lorsque nous sommes tous partis en télétravail du jour au lendemain en mars, mon équipe a comme cessé de se parler. Il y a des gens à qui je parlais tous les jours à qui je n'ai rien dit pendant des semaines, voire des mois. Au début je m'en fichais un peu. C'était temporaire. Mais au fil du temps, c'est devenu moins temporaire. Et j'ai commencé à voir un peu d'usure dans les relations. Ajoutez à ça qu'on a en plus embauché deux nouvelles personnes récemment. Comment intégrer des personnes dans une équipe quand même les anciens ne se parlent pas?
Faque, 20 ans après mon cours de volleyball de marde, j'ai eu exactement la même réaction : je me suis transformée en cheerleader. J'envoie des courriels hebdomadaires pour dire des niaiseries et lancer des discussions, j'envoie d'autres courriels pour souligner les anniversaires et je suis en train d'organiser un lunch de Noël pour mon équipe. Des affaires qui sont vraiment pas mon genre, juste parce que je trouve que ça a juste pas d'allure de nous saborder comme équipe juste parce qu'on est des traducteurs, donc des êtres socially awkward hautement fonctionnels.
Et, encore une fois, je constate que les années passent, mais que j'évolue pas tant que ça.
Parce que définitivement, maîtriser la vie à l'école, ça prend du temps : Le mystère du facteur ou l'étrange amnésie scolaire de mon fils.
Dear American friends: good job. You made the right call - and for the first time in history, that is a matter that is completely devoid of subjectivity.
It's far from over, but you will be getting there.
This broken arrow needs heedingCette année, comme plusieurs, on fête l'Halloween différemment chez nous. Film, bonbons, gâteau, la totale. Hier soir, avant d'aller me coucher, je suis allée cacher des bonbons dans les chambres des garçons. J'en ai mis un sous leurs oreillers. Ce qui m'a valu, à 5h40 ce matin, la visite de Coco, petit garçon encore trop honnête : "Maman, j'ai trouvé un sac de M&M sous mon oreiller. Est-ce que c'est normal?"
I really need to say that Bout d'Chou's passport has expired a month ago. This is the first time IN MY LIFE that I've let a passport expire and it doesn't feel good.
Parce que depuis cet été, Coco et Bout d'Chou tripent solidement podcasts : 5 balados à faire découvrir aux enfants.
Quote du jour, d'intérêt particulier pour tous les langagiers qui constateront que mon fils sera un fan des épithètes en hypallage -
Quartz (prenant à témoin une photo sur la télé) : Ta beyblade s'est comme écrasée au fond de l'aréna comme ce kangourou-là - comme un kangourou au soleil.
Coco : Un kangourou solaire!
Yet another reason you need me on your work team, people, is that I just organized a Teams video meeting for a colleague who's leaving and I was the instigator of a team wave made possible by the "together" view mode.
Thank you, I'll be here all week.
Ça y est, l'école est recommencée. Coco et Bout d'Chou (et moi) sont à la maison depuis la mi-mars. Ben, ils sont retournés à la vie semi-normale - lire : la garderie et le camp de jour - au début juillet, mais pareil. Ensuite, il y a eu les vacances, on était totalement sortis de la routine. Et l'école est recommencée.
C'est drôle parce que, dans le cas de Coco, il avait hâte, mais il ne le savait pas. Il serait volontiers resté à la maison, il n'a jamais dit qu'il s'ennuyait de ses amis. Puis, le matin où nous nous sommes rendus à l'école pour rencontrer sa nouvelle prof, il se tournait de tous bords, tous côtés, en saluant tous les amis qu'il connaissait. Pis Coco, c'est moi : il n'aime pas les gens. Ça vous montre à quel point il était content.
Bout d'Chou faisait sa toute première rentrée et il a fait ça comme un champion. Évidemment. On n'en doutait pas. Bout d'Chou, c'est Raiontzukai : il fonce dans la vie et vers les inconnus avec enthousiasme et détermination. C'est pas compliqué : la première journée, alors que les enfants passaient 45 minutes dans la classe en petits sous-groupes, avec les parents, tous les enfants (ceux qui sont normaux, là), étaient silencieux, gênés devant la nouveauté, sauf Bout d'Chou qui racontait sa vie et répondait à toutes les question de sa prof.
Maintenant on marche pour se rendre à l'école, on prépare deux lunchs tous les soirs, on fait des devoirs de deuxième année vraiment trop facile pour Coco.
Et puis, surtout, à la fin de la semaine deux de l'année scolaire 2020-2021, on a le rhume.
Le premier rhume en six mois, peut-être plus. Le premier rhume depuis que nous ne fréquentons plus fucking personne et que nous ne lichons plus les poteaux d'autobus. (Quoi, vous faites pas ça vous?) Pis moi j'en suis à mon premier jour de rhume et je suis congestionnée comme je le suis normalement le troisième jour, mon peak personnel. Un peu comme Raiontzukai qui a été au lit maintes et maintes fois pour de simples rhumes la première année où il a commencé à faire du télétravail à temps plein (qui était aussi la première année avec un bébé à la maison, il faut dire), ben moi j'arrive pu à déboucher mon nez pis les gars, ben tsé, ils sont congestionnés, mais ça paraît pas tant. Pis moi j'ai un Tylénol rhume dans le corps, là.
Faque bref. Je voudrais pas trop chialer. Pour l'instant personne ne tousse ou n'a d'autres symptômes qui nous obligeraient à nous faire tester (ou à soupçonner que nous avons pas un rhume mais la COVID-19). Faque je suis reconnaissante de ça. Mais osti que je m'ennuyais pas du rhume.
Partie 2 : Nos vacances aux Québec : Quoi faire à Tadoussac avec des enfants (hint : ya des baleeeeeeeines!).