Saturday, April 22, 2017

La voisine d'en face a(-t-elle) un bébé(?)
(titre honteusement plagié sur La grosse femme d'à côté est enceinte)


J'ai une voisine d'en face. Dont je n'ai jamais parlé, parce que jusqu'à l'été dernier, je ne connaissais même pas son nom. On se salue quand on est dehors au même moment, on se fait des tatas quand on se croise en auto, on a dû avoir genre deux conversations en six ans. Elle est tout de même entourée d'une légère aura intriguante de style "le monde est donc ben petit" parce qu'elle a étudié avec Anémone et qu'elle est amie Facebook avec J, le chum de Steph.

Cette voisine d'en face habite seule depuis que nous avons emménagé. Nous n'avons jamais même été témoins d'allées et venues propres à suggérer qu'elle ait entretenu une quelconque relation amoureuse pendant cette période. Moi, bon, je l'aurais sans doute pas remarqué si ç'aurait été le cas, mais, Raiontzukai étant doté d'un intérêt démesuré pour les gens, tous les gens, lui n'aurait pas manqué de formuler l'hypothèse dès les premiers indices.

Il y a quelques semaines, en jetant un coup d'oeil dehors, j'ai aperçu ma voisine d'en face qui revenait chez elle à pied en poussant une poussette. J'ai été vraiment très étonnée, parce que selon mes expériences récentes, une grossesse dure neuf mois et donne à tout votre voisinage le loisir de conclure à la probabilité approchante d'une promenade à poussette. Je n'ai donc pas l'intérêt pour mes voisins de Raiontzukai, mais là, j'avoue que ça m'a accrochée, et j'ai lancé un appel à Raiontzukai, qui était dans une autre pièce : "La voisine d'en face se promène avec une poussette!"

Nous avons donc tous deux regardé la voisine d'en face arrêter sa poussette dos à nous dans son entrée de cours, sortir des trucs de dessous ladite poussette et rentrer ces trucs chez elle, attendant avec impatience la suite. (Si vous vous demandez ce que faisaient les enfants pendant qu'on espionnait la voisine, je vous répondrai : les enfants? quels enfants?) Mais finalement, aucun bébé dans la poussette : la voisine a plié la poussette pour la rentrer chez elle sans rien en sortir d'autre. Reste quand même la question - mais, une poussette?

Un peu de temps passe, puis un soir où nous sommes encore occupés à regarder par la fenêtre plutôt qu'à s'occuper de nos enfants, nous apercevons des voitures se stationner dans la rue; une femme sort de l'une d'elle et tente de se cacher de la vue de la maison d'en face pour rejoindre la femme qui se trouve dans le deuxième véhicule. Elles sont rejointes par une troisième femme, et les trois copinettes vont sonner chez la voisine d'en face avec des ballons dans les mains. Parce que nous sommes myopes comme des taupes, et parce que ma rue est quand même pas si petite, pas moyen de lire ce qui est écrit sur les ballons... Le tout est de plus en plus louche.

Chapitre suivant, ce matin. (Bon, c'est pas qu'on s'occupe pas des enfants, c'est que c'est la fenêtre du salon qui donne sur la rue, et que c'est dans le salon que les enfants jouent quand nous sommes au rez-de-chaussée.) Ma voisine d'en face sort de chez elle et se prépare à sortir en voiture. Comme j'ai les épisodes précédents en tête et que j'essaie de parvenir à une conclusion claire et nette, je l'observe en essayant de déterminer si elle pourrait être enceinte. Pas facile, parce que ma voisine d'en face, si elle a certainement un poids santé, ne fait pas partie de ces êtres d'une minceur absolue dont la grossesse est trahie dès l'apparition d'une livre supplémentaire. Après avoir installé des trucs dans son auto, ma voisine retourne dans sa maison. Pour en ressortir après quelques secondes avec une coquille dans les mains, coquille qu'elle a clippée dans son auto, avant de quitter.

Le mystère s'éclaircit et s'épaissit à la fois!

Friday, April 21, 2017

Deux de mes collègues, s'étant sans doute passé le mot, sont partis dans les dernières 48 heures, l'une pour San Francisco, l'autre pour l'Europe. Ce qui fait que j'ai passé la journée d'hier à demander à tout le monde quessé que je fais donc encore ici, moi, la conne? (Pour me faire répondre "ben là, tu reviens juste de Cuba" - ya des gens qui ne comprennent juste rien.)

Bref, ça m'a poussée à relire un peu quelques-uns de mes posts classés dans ma toute nouvelle catégorie "Travels", et là, sérieusement, je me peux pu. Faut que je parte. Le plus déprimant, c'est que le prochain voyage est prévu pour avril 2018, soit exactement dans un an. C'est long, un an.

Faque j'aurai pas le choix, va falloir que je commence à travailler là-dessus, autrement, je vais virer folle à regarder les autres faire des voyages pendant que je ronge mon frein ici.

Thursday, April 20, 2017

Je travaille avec la langue, vous le savez déjà. C'est un domaine qui est objectif à certains égards, subjectif à d'autres. Et quand je tombe dans les points qui relèvent de ma subjectivité, généralement, je me lève pour consulter un - ou, dans les cas extrêmes, plusieurs - collègues afin de voir si tout le monde a la même impression que moi.

J'allais justement faire ça il y a deux secondes, sauf que je me suis rendu compte que je suis actuellement la seule francophone de mon équipe. Évidemment, c'est temporaire, il y en a deux qui sont simplement sorties diner, mais pareil, là. J'ai une question, pis je suis pognée toute seule avec, et c'est insupportable.
I don't look for validation - from anyone.

I'm not perfect and I make mistakes - and I own them. I'm willing to apologize. I'm willing to admit I'm wrong. I understand that it doesn't make me in any way less worthy as a person.

I don't need validation from the outside world - but each pat on the back does catch me offguard as to the relief it generates, the breath it allows me to catch, in just half a second.

Wednesday, April 19, 2017

Way Back Wednesday -

Didn't you know? How could you not know?
I walk so fast around this place (and well, any place, really) that people on my floor will actually stop when I'm following them, or move to the side of the corridor, so I can walk past them.

Not sure what to make of this.
It's been ten years since I've moved here, but still, once in a while, I feel like Lucky Luke - that is, a long, long way from home.

Like when I walk around in my office to find a colleague has written the following on his board: "Go Sens! Go Leafs!"

I mean if you're going to root for the Leafs and fail to even mention the Habs, you and I clearly have nothing more to say to each other.

Tuesday, April 18, 2017

Dans la catégorie je-vais-te-prendre-un-6/49 -

Mercredi dernier, je revois un texte avec une collègue, dans le bureau d'une collègue absente. (C'est compliqué, mais la précision est nécessaire.) J'ai avec moi notamment un pousse-mine qui, comme la plupart des pousse-mine, s'orne d'une mini-efface en son sommet. Mais en plein milieu de notre révision, alors que j'arrive pour utiliser ladite efface, que j'avais déjà utilisée quelques minutes auparavant à peine, je constate qu'elle a disparu. Et que, en prime, comme c'est elle qui me permet de faire avancer la mine de mousse-mine, sa disparition rend mon pousse-mine inutilisable. Je cherche sur le bureau, je cherche par terre - en vain. L'efface s'est volatilisée.

Ma collègue et moi terminons notre dossier et retournons à nos bureaux. Au bout de quelques minutes, ma collègue s'encadre dans ma porte avec mon efface dans ses mains, qu'elle vient de trouver... dans son cubicule à elle. C'est troublant, mais je suis super contente de retrouver l'usage de mon pousse-mine.

Ce matin, je compare un texte avec une autre collègue, dans son bureau à elle. Avec le même pousse-mine. Et comme de fait, à mon retour à mon bureau, je constate que mon efface a encore disparu. Je capitule. C'est la fin du pousse-mine.

Hé bien NON! En me levant pour me rendre à la salle de bain, qu'est-ce que j'aperçois au sol, dans le couloir? OUI! Mon efface!

Saturday, April 15, 2017

Comme je le mentionnais, je suis allée chialer un peu dans le bureau de Lali jeudi dernier; évidemment, puisque je ne parle plus jamais d'autre chose, j'en suis venue à parler d'imperfection et à expliquer ce point de vue.

Et, parce que notre passe-temps préféré, à moi et à Lali, est de ne pas être d'accord, Lali m'a répondu : "Ah, là, non, je ne suis pas d'accord. Oui, on est tous imparfaits, mais - mon chum, il est imparfait : quand il fait la vaisselle, il nettoie mal les couteaux, qui restent toujours un peu sales. Mon ex, il était imparfait : quand il était fâché, il pitchait les affaires sur les murs."

J'en suis à remâcher ça tranquillement, et je me demande donc si elle a raison - est-ce que je devrais m'accorder le droit de considérer que je me comporte mieux que les autres même si je suis aussi imparfaite qu'eux?

Thursday, April 13, 2017

Parce que je me calme, mais que ya une partie de moi qui continue à temps partiel de se taper une petite crisette identitaire professionnelle, je suis allée chialer rapidement dans le bureau de Lali cet après-midi. On a dérivé un peu sur d'autres problèmes professionnels, et Lali a dit : "Ce sont des trucs que j'ai déjà vécus à d'autres emplois. Pas toi?"

C'est là que j'ai tenté de lui expliquer à quel point ma vie professionnelle est incapable de se dérouler autrement que positivement, que j'intervienne ou pas. Et je n'y suis pas vraiment arrivée. Parce que c'est une réalité dont j'ai conscience depuis vraiment longtemps, et que plus j'assimile les trucs, moins j'arrive à les expliquer.

Mais vraiment, il faudra que je travaille à mettre des mots sur ce concept.
Truc pas marketing à manger dans votre cubicule, numéro 989 : des crevettes non décortiquées.
Ce matin, j'explique à Coco que, pour fêter Pâques à la garderie, les amis apportent un toutou de Pâques et s'habillent avec des couleurs pastels.

(Je pourrais partir sur une tangente pour vous expliquer que quand c'est le mâle moderne qui est responsable de la garderie, il ne voit jamais les affiches sur les murs qui annoncent ce genre de truc avant LA VEILLE de la journée spéciale en question. Je suppose que je devrais me réjouir du fait qu'il finisse toujours par les voir - enfin, je pense, rien ne dit qu'on n'a pas raté une journée à thème sans le savoir -, mais l'énergie que je pourrais consacrer à ça, je dois plutôt la passer en courant partout à 20h30 le mercredi soir à la recherche d'un foutu toutou de Pâques dans la maison et en me demandant si Coco a ça, des vêtements pastels.... mais une telle tangente serait hors sujet.)

Je disais donc, des couleurs pastels. Évidemment, ce n'est pas un concept que connaît Coco. Je lui sors donc trois chandails (non mais! j'aurais jamais cru que Coco avait une si grande diversité d'options pastels!) pour qu'il fasse son choix, en essayant de lui expliquer le concept. Vous conviendrez que c'est pas facile, et j'ai plutôt échoué. Ce qui n'empêche pas Coco de vouloir me répéter à plusieurs reprises qu'il porte un chandail avec des couleurs pastels. Mais il faut d'abord qu'il se souvienne du mot, ce mot nouveau qu'il n'avait jamais entendu avant 6h03 ce matin. Ce qui a donné, les trois premières fois :

"Maman, ça, c'est un chandail casserole."